Eun Young LEE-PARK

Eun Young LEE-PARK

Résidence performative individuelle

Résidence à Migné au Centre d’Art Performatif BOUCHERIE
du 10 août au 10 septembre 2026

Rendez-vous le 9 septembre à 18h pour un échange avec l’artiste sur ses recherches durant la résidence et le projet de restitution à Paris

Restitution à Paris à Rue Française Plateforme créative pour l’art
du 12 au 19 septembre 2026

Vernissage le 12 septembre à 19h


Née et ayant grandi en Corée du Sud, vivant et travaillant en France, c’est l’hybridité qui caractérise la démarche de Eun Young LEE-PARK. Peintures, performances, vidéos : protéiformes, ses recherches artistiques sont liées à son expérience de l’Asie et de l’Europe. Deux cultures dont l’œuvre interroge les possibles jonctions. Pour cette artiste, l’art et la vie sont viscéralement imbriqués. Eun Young LEE-PARK est née dans une famille d’artistes, sa mère étant écrivaine et ses deux sœurs pianistes. L’écriture et la musique tiennent évidemment une place fondamentale dans la vie et l’œuvre de cette artiste qui dit chercher à peindre « quelque chose sans fin ». Une quête qui s’est nourrie, sans aucun doute, de l’héritage d’une famille bouddhiste. L’infini, le vide, l’absolue Nature : autant d’éléments fondateurs du Bouddhisme qui ressurgissent dans la pratique d’Eun Young LEE-PARK. Influencée tant par Yves Klein que par Simon Hantaï, l’artiste interroge aussi l’empreinte, la trace. Sans se soucier des notions de « figuration » ou « d’abstraction », Eun Young LEE-PARK entend recueillir la trace de ses sensations, les vibrations de son corps. Sa peinture est ainsi volontiers matiériste et d’aspect surréel. Faite avec de la terre et de l’eau, elle est mouvements de matière. Frottage. Caresse. Plaisirs du toucher, des odeurs. Acte inconscient, sans intention préétablie. De ces jeux de matière naissent des formes, des analogies avec le réel, la nature, le corps. Peut-être des paysages, des présences, des flux, des béances. Quelque chose de vivant. De l’ombre et de la lumière. Qui fleurit, qui rêve. Sans bordures. Sans fin.

Amélie Adamo
Catalogue d’exposition Événement de la Nuit : Hommage à KIM Tschang-Yeul,
Ed. La fondation IBK, Centre Culturel Coréen, Paris, 2022, pp. 78-79

Démarche

Mon travail en résidence dans la Brenne explore la relation sensible entre terre, eau et paysage sonore, en s’appuyant sur les formes d’étangs qui structurent ce territoire. Le dessin‑performance naît d’un geste élémentaire : frotter et caresser un support avec de la terre mêlée d’eau. Ce geste, proche d’un acte sans intention — comme un jardinage ou une promenade — engage le corps dans une expérience tactile immédiate, où la texture du sol, l’humidité et les sons environnants deviennent matière.

En touchant la terre, l’environnement sonore — souffle du vent, cris d’oiseaux, clapotis des étangs — se fait palpable. Il accompagne le mouvement, module le rythme, et inscrit le geste dans une écoute active du territoire. Les traces produites par la main, aussitôt entretenues qu’effacées, révèlent une temporalité fragile où la forme se construit dans l’instant.

Cette pratique interroge les relations entre l’humain et son environnement, envisagé comme un espace du quotidien où le regard, l’expérience et la mémoire deviennent matériau artistique. Transformer le vécu en œuvre constitue un processus de dé‑quotidianisation, qui met en lumière les singularités et les tensions de notre société contemporaine.